Contrairement aux forêts tropicales sèches, comme celles d'Afrique Subsaharienne où le bois est destiné essentiellement au chauffage, les forêts tropicales humides, comme celles d'Afrique Centrale, sont victimes de la surexploitation des bois précieux destinés à l'exportation.
Pourtant les industriels du bois aimeraient faire porter le chapeau du déboisement aux paysans. Mais comment imaginer que ces derniers préfèrent débiter des arbres de 60 mètres de haut pour chauffer leurs aliments, alors que les sous-bois sont tapissés de branches mortes ?
En réalité, c'est bien le commerce (pour ne pas dire le trafic) de bois précieux qui est à l'origine de la dégradation de l'écosystème forestier tropical, risquant, à terme, d'entraîner sa disparition pure et simple.

Le cas de la forêt Amazonienne
Territoire des derniers jaguars, l’Amazonie est la plus grande zone de forêts tropicales anciennes ; elle joue un rôle essentiel dans la stabilisation du climat mondial. 15 % de sa surface ont déjà été détruits et la déforestation continue de grignoter ce précieux tapis vert, menaçant de détruire l’écosystème de notre planète.
Avec une superficie de six millions de kilomètres carrés, la forêt amazonienne est la plus grande zone de forêt ancienne tropicale de la planète. Elle couvre le Nord-Ouest de l'Amérique du Sud, majoritairement au Brésil et jusqu'en Bolivie, au Pérou, en Equateur, Colombie, Venezuela, Guyana, Surinam et Guyane Française.
Elle abrite des centaines d'espèces d'oiseaux mais aussi les derniers jaguars menacés d'extinction, des milliers d'espèces végétales aux vertus médicinales et des millions d'individus. Plus de la moitié des espèces animales et végétales terrestres y est concentrée. Son fleuve, l'Amazone, ravitaille un cinquième de la planète en eau douce. Malgré ses trésors naturels, cette zone est en danger. Bulldozers, tronçonneuses et camions travaillent sans relâche à l'abattage de " l'or vert ", laissant place à des agriculteurs le long des routes de la Transamazonienne. Entre 1990 et 1995, l'équivalent de la superficie de l'Autriche et de la Suisse réunies a été croqué par les dents d'acier.

Les principales causes de la déforestation sont la culture intensive du soja emmenée par le géant américain Cargill ( une multinationale ) et l'élevage de bovins pour l'exportation. Toutefois, l'ouverture de routes pour l'exploitation du bois constitue très souvent la première étape avant l'installation de petits agriculteurs, puis de grands propriétaires terriens.
Pour accéder à quelques arbres précieux - comme l'Acajou - dispersés au cœur de la forêt, des couloirs ont été découpés et des routes construites. Les compagnies minières draguent des deltas entiers et le mercure pour l'orpaillage pollue les eaux et les sols. Dans cette région immense, les autorités brésiliennes ont trop peu de moyens pour contrer les multinationales.